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ED 396 - Soutenance de M.DAHER Nabil
Publié le 28 juin 2021
–
Mis à jour le 26 octobre 2026
L’impact macroéconomique des catastrophes naturelles : Risques pour la croissance, coordination des politiques économiques et effets de débordement territoriaux
Date(s)
le 4 novembre 2026
à 14h00
Lieu(x)
Bâtiment MSH salle du conseil
M Nabil DAHER, présente ses travaux en soutenance en vue de l'obtention du diplôme Doctorat Sciences Economiques
Section CNU : 05 - Sciences économique
Unité de Recherche : EconomiX
Directrice : Antonia LOPEZ VILLAVICENCIO, Professeur des universités
Membres du jury
M. Olivier DAMETTE, Professeur d'enseignement supérieur, Université du Québec à Montréal
M. Gauthier VERMANDEL, Professeur des Universités , Université Paris Dauphine - PSL
Mme Barbara ANNICCHIARICO, Professeur d'enseignement supérieur, Université DEGLI STUDI DI ROMA TRE
Mme Camelia TURCU, Professeur des Universités, Université d'Orléans
Mme Pauline GANDRé , Maître de conférences, Université de Paris Nanterre
Mme Antonia LOPEZ VILLAVICENCIO , Professeur des Universités, Université Paris Nanterre
Résume
Cette thèse étudie les conséquences macroéconomiques des catastrophes naturelles en mettant l'accent sur l'hétérogénéité de leurs effets. Elle examine trois dimensions complémentaires : la distribution des trajectoires de croissance, l'interaction entre les politiques monétaire et budgétaire dans les économies en développement, et la propagation territoriale des coûts budgétaires au sein d'une économie avancée. À partir d'un panel de 67 pays en développement, le premier chapitre utilise des projections locales quantiles afin d'étudier les effets des inondations, sécheresses, tempêtes et séismes sur l'ensemble de la distribution de la croissance du PIB par habitant. Les résultats montrent que les effets moyens masquent d'importantes asymétries. Dans la partie inférieure de la distribution, les catastrophes accentuent les contractions et augmentent le risque de récession, en particulier dans les pays à faible revenu et ceux dont les institutions sont fragiles. À l'inverse, les réponses observées dans la partie supérieure de la distribution peuvent devenir positives sous l'effet de la reconstruction et de la réallocation des ressources, notamment après les séismes. Ces gains de croissance ne sauraient toutefois être interprétés comme des gains de bien-être. Le deuxième chapitre analyse les arbitrages de politique économique après une catastrophe naturelle. Il combine un modèle DSGE néo-keynésien de petite économie ouverte, intégrant le risque de catastrophe et les interactions monétaires et budgétaires, avec une analyse empirique fondée sur des projections locales. Les résultats indiquent que les taux d'intérêt directeurs réels diminuent après une catastrophe dans les économies fortement exposées. Cette réponse accommodante est plus marquée lorsque la dette extérieure est élevée, mais s'atténue lorsque la dette publique totale est importante. Le modèle montre qu'un régime de dominance budgétaire peut limiter la contraction de l'activité grâce à une politique monétaire plus accommodante et à l'érosion inflationniste de la dette, au prix d'une inflation plus forte. La dominance monétaire stabilise davantage les prix, mais exige un ajustement budgétaire plus prononcé et entraîne une contraction plus profonde. Le troisième chapitre étudie les effets directs et les retombées spatiales des inondations sur les finances des communes françaises entre 2006 et 2021. Une approche en différences de différences échelonnées, complétée par une extension spatiale, montre que les dépenses, les recettes et les subventions d'investissement augmentent dans les communes directement touchées. Les communes voisines ajustent également leur budget, principalement par une hausse des dépenses, sans augmentation contemporaine systématique de leurs recettes. Après les événements les plus graves, les retombées s'étendent aussi aux recettes et aux subventions d'investissement. Les périmètres administratifs de reconnaissance des dommages sous-estiment ainsi la géographie économique et budgétaire des catastrophes. Dans son ensemble, la thèse montre que l'absence d'un effet agrégé important ne signifie pas l'absence de coûts économiques substantiels. Ceux-ci peuvent être dissimulés par les moyennes, déplacés entre les objectifs de politique économique ou transférés entre territoires. La résilience dépend donc de la capacité des institutions à contenir, répartir et financer ces ajustements. Ces résultats soulignent l'importance des investissements d'adaptation réalisés avant les catastrophes, des marges budgétaires, de la coordination des politiques publiques et de mécanismes de financement tenant compte des expositions indirectes.
Mots clés Catastrophes naturelles, Croissance à risque, Coordination des politiques monétaire et budgétaire, Effets de débordement spatiaux, Finances publiques locales, Résilience macroéconomique
Section CNU : 05 - Sciences économique
Unité de Recherche : EconomiX
Directrice : Antonia LOPEZ VILLAVICENCIO, Professeur des universités
Membres du jury
M. Olivier DAMETTE, Professeur d'enseignement supérieur, Université du Québec à Montréal
M. Gauthier VERMANDEL, Professeur des Universités , Université Paris Dauphine - PSL
Mme Barbara ANNICCHIARICO, Professeur d'enseignement supérieur, Université DEGLI STUDI DI ROMA TRE
Mme Camelia TURCU, Professeur des Universités, Université d'Orléans
Mme Pauline GANDRé , Maître de conférences, Université de Paris Nanterre
Mme Antonia LOPEZ VILLAVICENCIO , Professeur des Universités, Université Paris Nanterre
Résume
Cette thèse étudie les conséquences macroéconomiques des catastrophes naturelles en mettant l'accent sur l'hétérogénéité de leurs effets. Elle examine trois dimensions complémentaires : la distribution des trajectoires de croissance, l'interaction entre les politiques monétaire et budgétaire dans les économies en développement, et la propagation territoriale des coûts budgétaires au sein d'une économie avancée. À partir d'un panel de 67 pays en développement, le premier chapitre utilise des projections locales quantiles afin d'étudier les effets des inondations, sécheresses, tempêtes et séismes sur l'ensemble de la distribution de la croissance du PIB par habitant. Les résultats montrent que les effets moyens masquent d'importantes asymétries. Dans la partie inférieure de la distribution, les catastrophes accentuent les contractions et augmentent le risque de récession, en particulier dans les pays à faible revenu et ceux dont les institutions sont fragiles. À l'inverse, les réponses observées dans la partie supérieure de la distribution peuvent devenir positives sous l'effet de la reconstruction et de la réallocation des ressources, notamment après les séismes. Ces gains de croissance ne sauraient toutefois être interprétés comme des gains de bien-être. Le deuxième chapitre analyse les arbitrages de politique économique après une catastrophe naturelle. Il combine un modèle DSGE néo-keynésien de petite économie ouverte, intégrant le risque de catastrophe et les interactions monétaires et budgétaires, avec une analyse empirique fondée sur des projections locales. Les résultats indiquent que les taux d'intérêt directeurs réels diminuent après une catastrophe dans les économies fortement exposées. Cette réponse accommodante est plus marquée lorsque la dette extérieure est élevée, mais s'atténue lorsque la dette publique totale est importante. Le modèle montre qu'un régime de dominance budgétaire peut limiter la contraction de l'activité grâce à une politique monétaire plus accommodante et à l'érosion inflationniste de la dette, au prix d'une inflation plus forte. La dominance monétaire stabilise davantage les prix, mais exige un ajustement budgétaire plus prononcé et entraîne une contraction plus profonde. Le troisième chapitre étudie les effets directs et les retombées spatiales des inondations sur les finances des communes françaises entre 2006 et 2021. Une approche en différences de différences échelonnées, complétée par une extension spatiale, montre que les dépenses, les recettes et les subventions d'investissement augmentent dans les communes directement touchées. Les communes voisines ajustent également leur budget, principalement par une hausse des dépenses, sans augmentation contemporaine systématique de leurs recettes. Après les événements les plus graves, les retombées s'étendent aussi aux recettes et aux subventions d'investissement. Les périmètres administratifs de reconnaissance des dommages sous-estiment ainsi la géographie économique et budgétaire des catastrophes. Dans son ensemble, la thèse montre que l'absence d'un effet agrégé important ne signifie pas l'absence de coûts économiques substantiels. Ceux-ci peuvent être dissimulés par les moyennes, déplacés entre les objectifs de politique économique ou transférés entre territoires. La résilience dépend donc de la capacité des institutions à contenir, répartir et financer ces ajustements. Ces résultats soulignent l'importance des investissements d'adaptation réalisés avant les catastrophes, des marges budgétaires, de la coordination des politiques publiques et de mécanismes de financement tenant compte des expositions indirectes.
Mots clés Catastrophes naturelles, Croissance à risque, Coordination des politiques monétaire et budgétaire, Effets de débordement spatiaux, Finances publiques locales, Résilience macroéconomique
Mis à jour le 26 octobre 2026