• Soutenance de thèse,

Réglementations de Bâle et flux de capitaux bancaires vers les pays émergents

Publié le 28 juin 2016 Mis à jour le 27 mars 2018

Mme HELLOU Samira, présente ses travaux de recherche en vue de l'obtention du Doctorat Sciences Économiques- Laboratoire EconomiX.

Date(s)

le 30 mars 2018

à 14h00


Lieu(x)
Bâtiment B (Pierre Grappin)
Université Paris Nanterre
Bâtiment B- Salle René REMOND (B015)
Mme HELLOU Samira présente ses travaux de recherche en sciences économiques

Section CNU : 05 - Sciences économiques


Directeur de thèse :
M. Michel BOUTILLIER, Professeur des Universités

Membres du Jury :

Mme Sophie BRANA, Professeur des Universités, Université de Bordeaux
Mme Catherine REFAIT-ALEXANDRE, Professeur des Universités, Université de Besançon France comté
M André CARTAPANIS, Professeur des Universités, Institut d'études politiques
Mme  Oléna HAVRYLCHYK, Professeur des Universités, Université de Paris 1
M Michel BOUTILLIER, Professeur des Universités, Université Université Paris Nanterre.

Résumé :

Le monde économique connaît actuellement un large mouvement de réglementation afin de stabiliser la finance et de renforcer la surveillance des activités bancaires à travers le nouveau dispositif de Bâle. Ce dernier est au centre du débat sur les besoins de financement de l’économie dans le cadre de la crise récente et ses effets sur le financement de l’économie. En effet, les pays développés ont récemment connu un credit crunch consécutif à la crise des subprimes et au renforcement de la réglementation des activités bancaires. Dans ce cadre, nous nous intéressons aux effets du nouveau cadre réglementaire et à son application dans les pays développés, où sont implantées les banques internationales, sur le volume, la structure et la volatilité de leurs flux bancaires vers les pays émergents qui ont déjà connu de grandes crises dues à la nature volatile du financement extérieur. En effet, du fait de l’importance des flux bancaires dans le financement des pays émergents et du fait du renforcement des exigences réglementaires avec l’application de Bâle II et le contexte de la crise, la modification des possibilités d’arbitrage réglementaire a conduit à des modifications de la structure du financement externe des pays émergents avec l’évolution du financement obligataire au détriment du financement bancaire.
Ainsi, notre thèse s’attache à étudier la manière dont la structure du financement bancaire des pays émergents a changé avec l’évolution de la réglementation bancaire dans les pays développés. L’objectif est ainsi d’analyser comment le renforcement des exigences réglementaires se traduit dans les flux bancaires en provenance des banques internationales des pays développés vers les pays émergents en termes de volume, de maturité et de volatilité de ces flux. Dans le premier chapitre, nous essayons d’étudier les effets du renforcement des exigences réglementaires dans les banques des pays développés sur le volume de leurs flux bancaires en direction des pays émergents fortement dépendants de ce type de financement. Les résultats confirment l’impact négatif des exigences réglementaires sur les flux bancaires vers les pays émergents. Par conséquent, les ajustements des exigences réglementaires avec Bâle III entraîneront une réduction des flux bancaires vers ces pays. Les résultats montrent aussi que les pays notés en catégorie spéculative sont influencés par les exigences réglementaires, contrairement aux pays notés en catégorie d’investissement, ce qui encourage ces pays émergents à améliorer leurs ratings. Dans le deuxième chapitre, nous mettons en avant l’impact des exigences réglementaires sur la maturité du financement bancaire international des pays émergents qui ont connu des crises majeures en raison de la nature volatile du financement extérieur. Les résultats montrent que la part des flux bancaires à court terme dans la totalité des prêts est plus élevée pour les pays à risque, contrairement aux pays classés en catégorie d’investissement. Par conséquent, nous pouvons conclure que l'arbitrage se fait au niveau du risque mais pas au niveau de l'arbitrage réglementaire, probablement parce que les flux de capitaux à court terme ne sont pas suffisamment pénalisés par les exigences réglementaires. Par ailleurs, étant donné que la nouvelle réglementation bancaire a été largement critiquée pour avoir conféré un rôle important aux notations des agences de notation à travers les exigences réglementaires basées principalement sur le niveau de risque, et au-delà de l’existence du biais d’évaluation dans les ratings, le chapitre 3 met l’accent sur l’amplification de la procyclicité à travers le renforcement des exigences réglementaires dépendants des notations (internes ou externes) très volatiles, ce qui peut contrebalancer l’effet du coussin contracyclique proposé dans le cadre de Bâle III. Les résultats économétriques suggèrent une forte sensibilité des ratings des pays émergents aux variations à court terme de leurs fondamentaux. Ainsi, la forte volatilité des ratings de ces pays avec leur faible degré d’inertie peuvent perturber leur financement bancaire à travers des exigences réglementaires accrues, particulièrement pour les pays émergents en catégorie spéculative. Dans le chapitre 4, nous tentons d’évaluer l’effet de la financiarisation bancaire qui influence le comportement des banques internationales, dans un contexte de renforcement des exigences réglementaires. En effet, l’implication des banques sur les marchés financiers et la réglementation des activités associées a conduit à un changement dans les stratégies des institutions financières, qui se tournent vers de nouvelles activités plus rentables, et a par ricochet affecté la structure du financement bancaire des pays émergents. Les résultats empiriques montrent l’effet restrictif du développement des marchés financiers sur les flux bancaires vers les pays émergents en volume et en maturité dans un contexte de renforcement des exigences réglementaires après la crise.
Enfin, les conditions de financement bancaire de plus en plus restreintes avec les nouvelles réformes réglementaires poussent ces pays, en besoin de financement, vers un financement sur les marchés financiers qui demeure volatile et dépendant des cycles de marché. Cette nouvelle structure de financement externe des pays émergents n’est pas sans conséquences sur la stabilité financière de ces pays trop sensible aux changements de financement externe, ce qui implique de nouveaux défis pour garantir la stabilité de ces pays émergents.


Mots clés :
Pays émergents, Exigences réglementaires, Flux bancaires, Arbitrage réglementaire, Evaluation du risque, Financiarisation bancaire.



Mis à jour le 27 mars 2018