• Soutenance de thèse,

La discipline médicale. Ethnographie des usages de normes de santé et de savoirs médicaux dans les dispositifs de la pénalité

Publié le 1 avril 2016 Mis à jour le 27 septembre 2018
Date(s)

le 5 octobre 2018

à 13h30
Lieu(x)
Bâtiment B (Pierre Grappin)
Batiment B salle René Rémond (B015)
Mme Lara MAHI présente ses travaux de recherche en vue de l'obtention du doctorat en Sociologie

Section CNU: 19 - Sociologie, démographie

Directeur de recherche : M. Philippe COMBESSIE

Membres du jury :

Mme Janine BARBOT, Directrice de Recherche-HDR, Institut National de la Santé et Recherche Médicale
M. Marc BESSIN, Directeur de recherche CNRS, E.H.E.S.S
M. Philippe COMBESSIE, Professeur des Universités, Université Paris Nanterre
Mme Isabelle COUTANT, Chargée de Recherche, Institut Relations Internationales
M. Nicolas DUVOUX, Professeur des Universités, Université Paris 8
Mme Liora ISRAEL,Maître de Conférences, E.H.E.S.S.
Mme Corinne ROSTAING, Professeure des Universités, Université Lyon 2

Résumé:
La prison fait l’objet d’un nombre croissant de publications biomédicales depuis les années 1980, en France, comme dans la plupart des pays occidentaux industrialisés, mettant l’accent sur les prévalences élevées de certaines affections chroniques parmi la population carcérale. Comment se fait-il que tant de personnes emprisonnées ont des « problèmes » de « santé » ?
Cette thèse entreprend de répondre à cette question en appréhendant la santé non pas comme un état, mais comme une norme.
À partir d’une enquête ethnographique associant observations de pratiques judiciaires, monographies des services médicaux d’établissements pénitentiaires, entretiens, statistiques et étude de corpus d’articles scientifiques, elle s’attache à montrer, pas-à-pas, selon une approche processuelle, comment la chaîne pénale produit des « malades » en confrontant les individus saisis par ses dispositifs à des normes de santé et à des savoirs médicaux. À la croisée d’une sociologie des institutions, d’une sociologie de la médecine et d’une sociologie de la connaissance, en étant à la fois attentive à des pratiques bureaucratiques, à la construction de décisions (pénales, gestionnaires et médicales), aux conditions concrètes de réalisation d’études biomédicales en maison d’arrêt et à leurs effets, à des rhétoriques judiciaires et scientifiques, aux activités professionnelles qui constituent le soin en prison et à l’appropriation socialement différenciée de ce travail par les détenus, l’enquête permet de comprendre comment le pouvoir médical se déploie, au présent, de façon discrète et diffuse, dans et par des institutions ne se donnant pas pour première mission de soigner.

Mots clés : Ethnographie, pouvoir médical, justice pénale, prison, santé, édicalisation, analyse processuelle.

Mis à jour le 27 septembre 2018