• Soutenance de thèse,

Appropriation des technologies et gestion de la performance sportive.

Publié le 3 décembre 2015 Mis à jour le 16 novembre 2017

M. Guyot Benoît en gestion présente sa thèse directeur de thèse M. BENAVENT Christophe L'institution du rugby s'est effectuée au gré d'importantes mutations...........

Date(s)

du 16 novembre 2017 au 17 novembre 2017

le jeudi 16 novembre  à 14h00
Lieu(x)
<Libellé inconnu>
Nanterre

M. Benoît GUYOT, présente ses travaux de recherche en vue de l'obtention du Doctorat de Sciences de Gestion .

CNU : 06 - Sciences de Gestion
Directeur de thèse :
M. Christophe BENAVENT,


Membres du Jury :

M. Patrick GILBERT, Professeur Emérite, Université Paris Nanterre
M. Christophe BENAVENT, Professeur des Universités,  Université Paris Nanterre
M. Michel DESBORDES, Professeur des Universités, Université Paris Sud 11
M. Sébastien DALGARONDO, Chargé de recherche CNRS - EHESS
M.  Jean Fabrice LEBRATY, Professeur des Universités, Université de Lyon 3


Résumé :
L’institutionnalisation du rugby s’est effectuée au gré d’importantes mutations que sont la création de fédérations mais aussi, et plus récemment, le passage au professionnalisme. Après un siècle de ferme opposition à l’idée que le rugby puisse basculer dans l’ère d’une pratique associée à la profession, les institutions en place ont finalement cédé face à la pression grandissante des acteurs. Autrefois profondément ancré dans l’amateurisme, le rugby est aujourd’hui devenu un support essentiel à la « production spectacle » rémunératrice.

Les structures sportives se sont adaptées au professionnalisme en adaptant leurs statuts mais aussi et surtout en définissant leur nouveau « business model ». Les clubs, dans un souci d’optimisation de leur business model, ont progressivement intégré l’utilisation des outils connectés et de méthodes « big data ». Dans le cadre de l’analyse de la stratégie des clubs, la maximisation de la performance sportive, impactant l’institution du classement auquel se rattache le club, est un élément clé. Le travail que nous avons mené tente d’analyser les facteurs d’adoption et d'appropriation de ces technologies dans le cadre de la performance des clubs, au sein du championnat élite en France : le Top 14. L’introduction des GPS dans la démarche de « monitoring » sportif constitue un des exemples les plus parlant de ce phénomène d’adaptation au sport de technologies déjà existantes.

Pour mener à bien ce travail nous avons réalisé une quarantaine d'interviews de dirigeants, d'entraîneurs, de préparateurs et d’analystes. L’approche qualitative d’un tel phénomène, celui de l’appropriation des technologies au sein d’un champ institutionnel donné, nous a permis de mettre en lumière les raisons du rejet de certains acteurs qui continuent de s’opposer à l’utilisation et la promotion des technologies du processus d’entrainement. Pour venir compléter cette approche qualitative, nous nous sommes également appuyé sur notre expérience personnelle de joueurs professionnel de rugby faisant partie intégrante du champ étudié.
L’étude des entretiens a mis en avant plusieurs aspects caractéristiques du champ que l’on a souhaité étudié. L’analyse lexicale nous permet par exemple de déclarer qu’au sein d’une même « équipe » d’entraineur, ou staff, il existe une forte hétérogénéité entre chacun de ses membres. Certains entraineurs par exemple, généralement des anciens joueurs ne disposant d’aucune formation « scientifique », rejettent presque tous les outils disponibles tandis que les préparateurs manifestent, pour la majorité d’entre eux, un réel intérêt pour les données que fournissent de tels outils. Au contraire, ceux ne disposant pas d’une telle formation semblent eux, à l’image des entraineurs, vouloir davantage conserver une capacité d’interprétation exclusivement basée sur leur expérience et leur ressenti.

L’arrivée de telles technologies pose un problème qui va au-delà de la simple volonté de vouloir ou non intégrer ces outils au fonctionnement du club. Le problème essentiel posé par l’arrivée de tels outils de monitoring réside dans le flux de données perçu par les acteurs comme incompréhensible. L’isomorphisme, bien présent, notamment sous sa forme mimétique, a bien souvent mené les clubs à s’équiper de tels outils et technologies. Seulement par manque de compétence analytique dédiée à l’utilisation, à la gestion et à l’interprétation des données générées, les acteurs tendent parfois à manifester une forme de rejet quant à ces nouveaux objets qui viennent brouiller leur perception et leur compréhension d’un environnement déjà particulièrement complexe.

Certaines structures sont néanmoins parvenues à surmonter ce type d’obstacle en mettant en place des stratégies visant à modifier les processus d’analyse au sein de la structure sportive en mettant en place des techniques visant à objectiver chacune des variables liées à la performance, et donc à la réussite du club. Ce genre de démarches nécessite que le club puisse se projeter à moyen, voir à long-terme. Cette capacité de projection des acteurs, et des structures auxquelles ils appartiennent, semble être également un facteur déterminant en ce qui concerne la volonté de se projeter avec des nouveaux processus. A ce sujet, les répondants n’ont cessé de mettre en avant la situation d’urgence dans laquelle se trouvent tous ceux participant à la gestion de la performance d’une équipe. Le besoin de résultat à court terme semble être déterminant dans la capacité que l’on a de s’approprier de nouveaux outils tant la santé de la structure à laquelle on appartient est déterminée par les résultats obtenus par l’équipe week-end après week-end.

Au cours de nos entretiens, nous avons à de nombreuses reprises dû faire face à des manifestations d’inquiétude et de rejet d’une partie de nos répondants quant à l’arrivée de telles technologies. Ces derniers considèrent bien souvent que ces outils mettent en péril une activité qui se doit de rester ancrée dans une forme d’imaginaire collectif découlant d’une forme de symbiose ou d’alchimie. Ceux présentant une forme de résistance à la technologie mettent également en avant le fait que l’arrivée de tels outils a tendance à causer une perte d’autonomie et de légitimité chez l’entraineur. D’autres répondants, au contraire, sont totalement convaincu de l’utilité de tels outils, à condition que leur utilisation s’accompagne de compétence adaptée à la gestion de flux de données qui se retrouvent être décuplés. La démarche de monitoring permettrait selon eux de mieux comprendre l’environnement complexe dans lequel ils se trouvent, et ainsi de mener l’équipe à « mieux produire » de la performance.
Mots-Clés
1. Technologie 2. Rugby 3. Performance 4. Appropriation 5. Gestion 6.Institutionnalisation


Mis à jour le 16 novembre 2017